Le baby blues : quand les émotions nous submergent après la naissance
On imagine souvent la rencontre avec son bébé comme un moment de bonheur absolu. Pourtant, de nombreuses mères racontent une toute autre réalité : elles pleurent sans comprendre pourquoi, se sentent particulièrement sensibles, passent du rire aux larmes en quelques minutes ou se demandent ce qui leur arrive. Ces émotions peuvent être déstabilisantes, voire effrayantes, surtout quand on ne les comprends pas et que l'on s'attend à ressentir uniquement de la joie.
Si vous traversez actuellement cela, sachez une chose importante : vous n'êtes pas seule. Et cela ne signifie pas que vous n'aimez pas être mère, ni que ces émotions sont amenées à durer longtemps.
Le baby blues, concrètement, c'est quoi ?
Le baby blues est une réaction émotionnelle fréquente qui peut survenir dans les premiers jours après l'accouchement, le plus souvent entre le troisième et le cinquième jour. Il se manifeste par une grande sensibilité émotionnelle. On peut avoir envie de pleurer sans raison apparente, se sentir dépassée, irritable, anxieuse ou particulièrement vulnérable. Certaines mamans décrivent aussi une impression d'être submergées ou de ne plus reconnaître leurs propres émotions.
Ces manifestations sont liées à plusieurs facteurs qui se cumulent, et qui sont notamment d'ordre physique et biologiques : les importantes variations hormonales après l'accouchement ; la fatigue physique liée à la naissance ; le manque de sommeil souvent présent. Mais aussi le bouleversement émotionnel que représente l'arrivée d'un enfant ainsi que l'adaptation psychologique que nécessite ce tout nouveau rôle de parent.
Le baby blues est transitoire et normalement relativement court. Les symptômes diminuent spontanément en quelques jours et disparaissent en moins de deux semaines.
Contrairement à ce que l'on entend parfois, le baby blues n'est pas un passage obligatoire.
On lit souvent que « toutes les femmes passent par un baby blues ». En réalité, ce n'est pas le cas. Beaucoup de mères en vivent un, mais d'autres ne ressentent pas cette période de grande fragilité émotionnelle. Elles peuvent se sentir simplement fatiguées, très heureuses, inquiètes, ou naviguer entre plusieurs émotions sans présenter un véritable baby blues.
Ne pas avoir de baby blues ne signifie pas que l'on aime moins son bébé, ou que quelque chose d'anormal se produit. En avoir un ne signifie pas non plus que quelque chose ne va pas. Les deux existent, et les deux parcours peuvent être tout à fait normaux. Chaque post-partum est unique.
Baby blues ou dépression du post-partum : quelle différence ?
Il est fondamental de ne pas confondre ces deux situations.
Le baby blues est une réaction passagère, notamment d'ordre physiologique, qui apparaît rapidement après la naissance et s'améliore aussi rapidement et spontanément.
La dépression du post-partum, en revanche, est un trouble psychique qui peut apparaître dans les semaines ou les mois qui suivent l'accouchement. Les symptômes sont plus intenses, durent dans le temps et retentissent sur le quotidien.
Une profonde tristesse persistante, une perte de plaisir, un sentiment de culpabilité très important, une grande fatigue qui ne s'améliore pas, des difficultés à créer du lien avec son bébé ou à effectuer les tâches du quotidien, ou encore des pensées noires sont autant de signes qui peuvent traduire une DPP et doivent amener à demander de l'aide. Consulter notre article sur La dépression post partum à ce sujet.
Il ne s'agit pas d'un manque d'amour pour son enfant, ni d'un manque de volonté. La dépression post partum ne signifie pas non plus que vous êtes une mauvaise mère. C'est un trouble psychique qui nécessite une aide extérieure. Plus elle est reconnue tôt, mieux elle peut être accompagnée.
Comment traverser un baby blues ?
Même s'il est temporaire, le baby blues peut être difficile à vivre. Il mérite d'être accueilli avec douceur plutôt que minimisé.
Autorisez-vous à ressentir vos émotions
Vous n'avez pas besoin de vous forcer à être heureuse en permanence, ni à culpabiliser de ne pas l'être. La naissance d'un enfant est un immense bouleversement, et il est parfaitement courant que plusieurs émotions coexistent. On peut être très heureuse d'avoir un bébé, tout en se sentant fragile, épuisée ou inquiète. Ces émotions ne s'annulent pas.
Parlez de ce que vous vivez
Mettre des mots sur ce que l'on ressent soulage souvent une partie du poids que l'on porte et aide à mettre à distance ces ressentis. Que ce soit avec son partenaire, une amie, une sage-femme ou encore un psychothérapeute, partager ses émotions permet de mieux les appréhender ainsi que de réaliser que l'on n'est pas seule à vivre cela.
Acceptez de recevoir de l'aide, demandez là si nécessaire
Le repos est rarement suffisant dans les premiers jours avec un nouveau-né, mais chaque moment de récupération compte. Si quelqu'un de votre entourage peut préparer un repas, faire une lessive, promener le bébé quelques minutes ou simplement être présent sans jugement, acceptez cette aide si vous le pouvez. Prendre soin de vous, c'est aussi prendre soin de votre bébé ( Prendre soin de soi durant le quatrième trimestre )
Observez l'évolution
Le baby blues s'améliore progressivement et spontanément. En revanche, si les émotions restent très intenses après deux semaines, s'aggravent ou vous empêchent de vivre votre quotidien, il est important d'en parler à un professionnel de santé. Vous n'avez pas besoin d'attendre que cela devienne insupportable pour demander de l'aide et souvenez vous que plus cette aidé est reçue tôt, mieux vous pourrez être aidée.