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Les siestes de bébé : combien, quand et comment l’aider ?

Combien de siestes selon l’âge ? Quand les changer ? Découvrez les fenêtres d’éveil, les signes de fatigue et comment accompagner le sommeil de bébé.

Les siestes de bébé : combien, quand et comment l’aider ?

Les siestes font partie de ces sujets qui peuvent devenir étonnamment compliqués lorsque l’on a un bébé. Au début, il s’endort un peu partout et à n’importe quelle heure, puis on commence à entendre parler de fenêtres d’éveil, de nombre de siestes, de sieste trop longue ou trop courte, de dernière sieste à supprimer, et on peut assez vite se retrouver à regarder l’heure en se demandant si notre bébé « devrait » dormir alors que lui ne semble absolument pas avoir reçu le programme.

La première chose importante à garder en tête est donc probablement celle-ci : les besoins de sommeil varient d’un bébé à l’autre et tous les âges indiqués dans cet article sont des repères, pas des objectifs à atteindre. Il existe des petits et des grands dormeurs, certains bébés vont assez rapidement avoir des siestes prévisibles tandis que d’autres conserveront longtemps un rythme beaucoup plus variable. Avant de chercher à faire entrer son enfant dans un planning, il est généralement plus utile de regarder comment il va : est-il disponible pendant ses périodes d’éveil, semble-t-il reposé, arrive-t-il à s’endormir sans être systématiquement épuisé, son rythme actuel fonctionne-t-il globalement pour lui et pour la famille ?

Au tout début, il n’y a pas vraiment « trois siestes par jour »

Chez le nouveau-né, parler de sieste du matin ou de l’après-midi n'a pas encore beaucoup de sens. Son horloge biologique est immature et son sommeil se répartit sur l'ensemble des 24 heures, avec des périodes de sommeil et d'éveil qui s'alternent sans véritable organisation jour/nuit. Ce rythme va progressivement évoluer au cours des premiers mois et devenir plus prévisible, mais il n'est donc pas nécessaire d'essayer d'imposer très tôt des horaires de sieste.

Pendant cette période, il est revanche utile de surtout observer son bébé. Lorsqu'il commence à bâiller, détourner le regard, devenir moins disponible dans l'interaction, s'agiter, se frotter les yeux lorsqu'il est un peu plus grand ou simplement sembler avoir besoin de retrouver du calme, il est probablement temps de lui proposer de dormir. Attendre les pleurs importants ou une agitation très marquée peut parfois rendre l'endormissement plus difficile, parce que le bébé est déjà très fatigué.

Autour de 4 à 6 mois, le rythme veille-sommeil commence généralement à devenir plus organisé et les siestes peuvent progressivement prendre une forme plus reconnaissable. Vers 6 mois, certains spécialistes décrivent encore un rythme assez variable, souvent avec trois ou quatre temps de sommeil dans la journée, tandis que d'autres proposent à cet âge un repère de trois siestes. Ces différences montrent assez bien pourquoi il vaut mieux utiliser ces chiffres comme une fourchette que comme une règle.

Combien de siestes selon l'âge ?

On peut malgré tout avoir besoin d'un ordre d'idée, notamment pour comprendre pourquoi un bébé qui faisait quatre siestes commence soudainement à lutter contre la dernière. Voici donc des repères volontairement assez larges :

De la naissance à environ 3 mois : le sommeil est encore très morcelé et le nombre de siestes est variable. Il est plus pertinent de suivre les périodes d'éveil et les signes de fatigue que d'essayer d'obtenir un nombre précis de siestes.

Autour de 3 à 5 mois : on observe souvent environ 3 ou 4 siestes selon leur durée. Une journée avec quatre petites siestes peut être tout aussi cohérente qu'une journée avec trois siestes plus longues.

Autour de 6 à 9 mois : beaucoup de bébés se situent progressivement autour de 2 à 3 siestes. La troisième, souvent située en fin de journée, peut devenir plus courte avant de disparaître.

Autour de 9 à 15 mois : deux siestes sont fréquentes, généralement une le matin et une autre après le déjeuner ou en début d'après-midi. Certains enfants abandonnent leur troisième sieste plus tôt ou conservent deux siestes plus longtemps.

Entre environ 12-18 mois et 2 ans : le passage vers une seule sieste se fait progressivement. mpedia situe notamment la disparition de la sieste du matin autour de 15-18 mois. Là encore, il n'y a pas un anniversaire précis à partir duquel il faudrait supprimer une sieste.

Après 18 mois : beaucoup d'enfants conservent une grande sieste après le déjeuner. Elle peut rester nécessaire plusieurs années et certains enfants dorment encore occasionnellement l'après-midi à 4 ou 5 ans.

Les fenêtres d'éveil, qu'est-ce que c'est exactement ?

Une fenêtre d'éveil correspond simplement au temps pendant lequel un bébé reste éveillé entre deux périodes de sommeil. C'est un outil assez pratique pour commencer à comprendre son rythme, surtout lorsque les signes de fatigue sont encore difficiles à identifier.

À titre indicatif, on retrouve souvent des fenêtres autour de 1 à 2 heures pendant les premiers mois, puis environ 1 h 30 à 2 h 30 autour de 4-5 mois, 2 à 3 heures autour de 6-8 mois, 2 h 30 à 3 h 30 autour de 9-12 mois, puis progressivement 3 à 4 heures autour de 12-18 mois. Lorsque l'enfant passe à une seule sieste, il peut rester éveillé environ 4 à 5 heures avant celle-ci, puis de nouveau plusieurs heures avant le coucher.

Mais il faut vraiment résister à la tentation de transformer ces chiffres en chronomètre. Si un tableau indique deux heures d'éveil et que votre bébé est joyeux, disponible et ne présente aucun signe de fatigue à 1 h 59, il n'est évidemment pas nécessaire de courir le mettre au lit. À l'inverse, un bébé qui montre clairement qu'il est épuisé au bout d'1 h 30 n'a pas besoin que l'on essaie de le maintenir éveillé trente minutes supplémentaires pour respecter sa « fenêtre ».

Ces repères servent surtout à apprendre à connaître son bébé. Avec le temps, on remarque par exemple qu'il tient moins longtemps le matin, davantage avant le coucher, ou qu'après une sieste de vingt minutes il aura besoin de redormir beaucoup plus rapidement qu'après une sieste de deux heures.

Comment savoir qu'il est temps de supprimer une sieste ?

Il vaut mieux regarder une tendance sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines, qu'une seule journée compliquée. Un bébé peut refuser une sieste parce qu'il a exceptionnellement beaucoup dormi le matin, parce qu'il traverse une période de développement intense, parce qu'il fait ses dents, qu'il est malade ou simplement parce que cette journée-là est différente.

Lorsque la même sieste devient régulièrement très difficile à obtenir, qu'elle décale fortement les suivantes ou le coucher du soir, ou que votre enfant peut rester éveillé plus longtemps sans devenir épuisé ou irritable, cela peut en revanche indiquer qu'une transition est en cours.

Il n'est d'ailleurs pas nécessaire de faire disparaître cette sieste tout d'un coup. Pendant quelques semaines, on peut avoir des journées à trois siestes et d'autres à deux, puis plus tard alterner entre deux siestes et une seule. On peut également avancer temporairement le coucher les jours où une sieste disparaît et où la journée devient particulièrement longue. Le sommeil des enfants évolue rarement selon un calendrier parfaitement linéaire.

Et si mon bébé ne fait que des siestes de 30 ou 40 minutes ?

C'est une inquiétude extrêmement fréquente, notamment autour de 3 ou 4 mois. Les cycles de sommeil des bébés sont plus courts que ceux des adultes et une sieste peut parfois s'arrêter après un seul cycle. ( voir l'article sur les cycles de sommeil ici ) Une sieste courte n'est donc pas automatiquement une mauvaise sieste et il n'est pas nécessaire de réussir à « rallonger » chacune d'entre elles.

On peut éventuellement essayer d'accompagner le rendormissement lorsque le bébé se réveille manifestement encore fatigué : rester près de lui, remettre une main sur lui, le reprendre dans les bras, le bercer, proposer le sein si cela correspond à votre fonctionnement ou poursuivre la sieste en contact si cela lui permet de dormir davantage. Mais si votre bébé se réveille après quarante minutes reposé, disponible et parfaitement content de retrouver sa journée, il n'y a pas forcément quelque chose à réparer.

Mon bébé ne dort que dans mes bras : est-ce un problème ?

C'est particulièrement fréquent pendant les premiers mois et il est important de le dire, parce que beaucoup de parents pensent rapidement avoir créé une mauvaise habitude. Un tout petit bébé recherche naturellement le contact, la chaleur, le mouvement, l'odeur et la présence de ses figures d'attachement. Certains peuvent être posés facilement après quelques minutes, et même s'endormir tout seul, tandis que d'autres se réveillent immédiatement dès que leur dos touche le matelas.

Vous pouvez bien sûr proposer régulièrement le lit si vous le souhaitez, notamment lorsque cela vous permet de vous reposer ou simplement d'avoir les bras libres, mais il n'y a pas d'urgence à apprendre à un bébé de quelques semaines à faire toutes ses siestes seul. S'il dort paisiblement contre vous et que cette organisation vous convient, vous n'êtes pas en train de lui apprendre quelque chose de mauvais.

Il peut également dormir pendant une promenade ou en portage avec un dispositif adapté, correctement installé et utilisé selon les règles de sécurité. Pour un nourrisson porté, son visage doit notamment rester visible, ses voies respiratoires dégagées et son menton ne doit pas être replié contre sa poitrine.

Une nuance de sécurité est cependant essentielle lorsque l'on parle de sieste « sur soi » : le parent qui tient le bébé doit rester éveillé. Si vous sentez que vous risquez de vous endormir, le couchage le plus sûr pour un nourrisson reste son propre espace de sommeil, à plat sur le dos, sur un matelas ferme et dégagé. Les canapés et fauteuils ne sont pas des lieux de sommeil sûrs pour un bébé.

Faut-il laisser bébé pleurer pour qu'il apprenne à faire la sieste ?

Non, laisser pleurer un bébé n'est pas une étape obligatoire, ni même souhaitable, pour qu'il apprenne à dormir. Certaines ressources plus anciennes proposent encore d'attendre quelques minutes avant d'intervenir, mais cela ne signifie pas que vous devez le faire, particulièrement avec un tout petit bébé.

Il existe d'ailleurs une différence entre un bébé qui grogne, bouge ou pleurniche quelques instants dans son sommeil et un bébé réellement réveillé qui pleure et appelle son parent. Les nouveau-nés ont beaucoup de sommeil agité et peuvent faire énormément de bruits sans être véritablement réveillés : on peut alors prendre quelques secondes pour observer avant d'intervenir. Mais lorsqu'un bébé pleure et a besoin de vous, c'est positif d'aller vers lui, le prendre, le bercer, lui parler ou l'aider à s'endormir. Répondre à son besoin de proximité n'empêche pas qu'avec la maturation il puisse progressivement développer d'autres façons de trouver son sommeil.

Et surtout, le sommeil autonome n'a pas besoin d'être l'objectif de toutes les familles. Un bébé peut s'endormir au sein, au biberon, bercé ou dans les bras et cette manière de faire peut très bien convenir tant qu'elle fonctionne pour l'enfant et ses parents. On pourra toujours faire évoluer les habitudes plus tard si elles deviennent difficiles à vivre.

Comment aider les siestes sans transformer la journée en programme militaire ?

À mesure que le bébé grandit, quelques repères simples peuvent faciliter les choses : observer approximativement depuis combien de temps il est réveillé, repérer ses premiers signes de fatigue et créer un petit rituel reconnaissable avant la sieste. Il n'a pas besoin d'être aussi élaboré que celui du soir : changer la couche, fermer légèrement les volets, mettre la gigoteuse, faire un câlin et répéter toujours la même petite phrase peut suffire.

Il est également utile de distinguer progressivement le jour et la nuit. Chez le nouveau-né, cette différenciation n'est pas encore installée et elle va se construire au fil des semaines grâce notamment à la lumière naturelle, aux activités et aux bruits ordinaires de la journée, puis à une ambiance beaucoup plus calme et sombre la nuit. Il n'est donc pas indispensable de transformer toute la maison en silence absolu à chaque sieste.

Et certaines journées ne ressembleront tout simplement à rien. Une sieste de vingt minutes en voiture, une autre dans le porte-bébé, un bébé qui refuse de dormir alors qu'hier il s'endormait exactement à cette heure-là… cela fait aussi partie du sommeil normal des petits enfants. Les repères servent à comprendre, pas à réussir une journée parfaite.

L'emmaillotage peut-il aider ?

Pendant les toutes premières semaines, certains bébés sont apaisés par l'emmaillotage, notamment parce qu'ils ont encore un réflexe de Moro très présent : leurs bras s'écartent brusquement et ces sursauts peuvent parfois les réveiller. D'autres bébés ne l'apprécient absolument pas, et il n'y a aucune nécessité à emmailloter un enfant qui dort bien sans cela.

Si vous choisissez de l'utiliser, l'emmaillotage doit rester une pratique des premiers mois et respecter des règles de sécurité importantes : le bébé est toujours couché sur le dos, son visage et sa tête restent complètement dégagés, le tissu doit être léger, il ne doit pas avoir trop chaud et les jambes et les hanches doivent conserver suffisamment de liberté de mouvement.

On parle souvent d'un arrêt autour de 2 à 3 mois, mais le critère le plus important n'est pas l'âge exact : dès que votre bébé commence à montrer des signes indiquant qu'il pourrait essayer de se retourner, il faut arrêter l'emmaillotage avec les bras maintenus, même s'il n'a pas encore trois mois. Il doit pouvoir utiliser ses bras s'il se retrouve sur le ventre.

On peut alors passer progressivement à une gigoteuse classique, sans chercher nécessairement à retrouver la même contention.

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