Le 4e trimestre

Le quatrième trimestre : comprendre cette période essentielle après l'accouchement. 

Trois mois pour ralentir, prendre soin de notre bébé mais aussi de soi. 3 mois où l'on apprend à habiter une nouvelle vie. Une lecture douce.

Le quatrième trimestre : comprendre cette période essentielle après l'accouchement. 

Pourquoi le quatrième trimestre est-il si important et comment bien vivre les trois premiers mois après l'accouchement ?

Pendant des mois, toute l'attention est tournée vers l'accouchement. Les rendez-vous médicaux s'enchaînent, les préparations à l'accouchement aussi. On prépare tout de même l'après: la chambre, les vêtements, la table à langer. On imagine aussi la rencontre, comment va se passer l'accouchement, et le moment où on quittera la maternité, le siège auto à la main, avec un tout petit bébé dedans. C'est à la fois une préparation pragmatique et psychologique d'un événement à venir que l'on ne connaît pas encore véritablement. 

Et puis un jour, le bébé arrive. Dans l'esprit de beaucoup de futurs parents, l'accouchement ressemble à une ligne d'arrivée. Comme si le plus difficile était derrière nous, et surtout comme si l'aboutissement de la grossesse se situait dans ce moment là. Alors bien sûr, l'accouchement est un moment crucial et il peut être effrayant. Surtout, il est essentiel de le préparer. Mais il est davantage un début qu'un aboutissement. Et la période qui le suit directement est souvent intense, à plusieurs niveaux.

Qu'est-ce que le quatrième trimestre ?

Le quatrième trimestre désigne les premières semaines qui suivent la naissance, généralement les trois premiers mois de vie du bébé. L'expression repose sur une idée simple : même si la grossesse est terminée, de nombreux ajustements continuent après l'accouchement, voire commencent, pour le bébé comme pour ses parents. Votre bébé, lui, fait son arrivée dans un monde complètement différent de celui qu'il connaissait jusque-là. Il découvre la lumière, les bruits, les sensations, la faim, le froid, la fatigue. Tout est nouveau et fort probablement bouleversant pour lui. 

Et de votre côté, c'est aussi le début d'une transformation profonde. Non pas que l'on devienne tout à coup quelqu'un de différent en étant mère, mais la vie prend une tournure toute nouvelle à laquelle on s'adapte, avec plus ou moins de facilité. Le corps récupère progressivement durant ces quelques semaines après l'accouchement, les hormones bougent, tout comme les repères et la manière de vivre, au moins pendant un temps. Le quatrième trimestre est une période de repos, de cocon, pour construire aussi la suite sereinement. 

Quand tout change en même temps

Ces moment sont rares, dans une vie, où beaucoup de choses changent en même temps. La période de post partum qui suit directement l'accouchement en fait partie. Il y a la fatigue physique d'abord qui peut être importante, même si ça n'est pas toujours le cas. Les nuits sont de fait fragmentées pour pouvoir nourrir et s'occuper du bébé qui vient d'arriver tandis que le corps, lui, a besoin de récupérer. 

Les hormones elles aussi sont modifiées et peuvent entraîner des moments difficiles, pour lesquels il ne faut pas hésiter à demander de l'aide, à être accompagnée. Et au delà des hormones, les émotions sont multiples et souvent intenses. Certaines mères se sentent immédiatement connectées à leur bébé, d'autres ont besoin de davantage de temps pour apprivoiser ce nouveau lien, cette nouvelle personne qu'elles viennent de rencontrer. Tous les cas de figure existent, et il n'y en a pas un mieux que l'autre, il y a juste différentes réalités. Beaucoup oscillent entre amour immense, inquiétude, joie, épuisement, parfois de la solitude aussi selon la configuration. 

À cela s'ajoute la découverte d'un nouveau quotidien. Nourrir son bébé, apprendre à reconnaître ses besoins, trouver son propre rythme, réorganiser sa vie de couple, parfois accueillir le regard de l'entourage ou les conseils non sollicités. Lorsque tout cela arrive en même temps, il est normal de se sentir dépassée par moments. Il n'y a pas de recette miracle pour que l'ensemble se passe bien mais prendre tout ceci en considération, et surtout le mois d'or, peut aider.


Le mois d'or : une invitation à ralentir

Dans certaines cultures, asiatiques notamment, les semaines qui suivent la naissance sont considérées comme une période particulièrement précieuse. On parle ainsi du « mois d'or ». Ce concept est de plus en plus accepté dans nos cultures occidentales, même si nos modes de vies ne lui permette pas toujours de réellement exister.

L'idée n'est pas de fait du post-partum quelque chose de productif et de le rendre parfait, au contraire. Il ne s'agit pas non plus de rester enfermée pendant quarante jours comme on peut le lire parfois. L'idée est surtout de reconnaître que cette période mérite d'être protégée, que ce soit pour le nouveau né comme pour sa maman. Alors protégé de quoi ? De la pression de recevoir tout le monde, de l'idée qu'il faudrait tout savoir déjà, de vouloir reprendre tout de suite une vie de performance. 

Le mois d'or nous rappelle que les premiers besoins d'une mère sont souvent très simples : du repos, du soutien, de la nourriture, de la douceur, de l'écoute et du temps. Surtout du temps. Le droit de ralentir, pour récupérer, pour prendre le temps de rencontrer vraiment son bébé. De ralentir pour pouvoir profiter de ces précieux moments, de ce cocon que l'on a le droit d'avoir durant quelques semaines. Du temps aussi pour apprendre tout doucement à devenir une famille et à devenir parents. 


Ce ne sera pas forcément une période difficile. 

Les premiers mois avec un bébé sont de plus en plus souvent présentés comme très difficiles, comme ceux d'un épuisement avec des parents qui sont forcément complètement débordés, une maison sans dessus dessous, aucun repos possible. Pourtant, ça n'est pas forcément le cas. Certaines journées pourront être difficiles, et d'autres pourront être emplies de douceur et de fluidité. L'ensemble peut même se passer sans accroc particulier, avec une forme d'évidence.

C'est une période de découverte, d'ajustement. Mais elle n'a pas forcément à être difficile et une chose est sûre, c'est quelque chose que l'on ne peut pas savoir avant. Peut être que ça le sera, mais peut être aussi que tout ira bien. On peut traverser le post partum avec beaucoup de douceur, d'aisance, et même avec du repos!

Prenez soin de la mère aussi

Un des points essentiels pour que le quatrième trimestre se passe bien est probablement celui là. Il est fondamental de se rappeler que c'est essentiel de prendre soin du bébé qui vient de naître, mais que ça l'est aussi de s'occuper de sa maman. Pour une mère aussi, c'est une naissance qui vient de se produire. Celle de son bébé, mais aussi la sienne, en tant que mère. Alors c'est important d'avoir de l'attention, d'avoir droit à du repos, à du soin. De la part de ceux qui nous entoure et aussi de se l'accorder à soi même. Un autre article « pour un post partum serein » aborde ces questions de manière plus pratique.

En tout cas, si vous êtes actuellement dans ce quatrième trimestre, essayez de vous rappeler ceci : vous n'avez pas besoin d'être parfaite pour être une bonne mère. Vous n'avez pas besoin de tout maîtriser. Vous avez surtout besoin de ralentir, d'apprendre, petit à petit avec votre bébé. Il est en train d'apprendre à être au monde, et il n'apprendra pas en un jour. Vous aussi, vous avez besoin de temps pour apprendre à être mère. Tout va bien. 



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