On imagine souvent que la fatigue de la grossesse s'accompagne naturellement de longues nuits réparatrices ou de grandes siestes. Pourtant, beaucoup de futures mères découvrent rapidement une réalité bien différente : être épuisée, sans réussir à bien dormir. Difficultés d'endormissement, réveils fréquents, insomnies, envies d'uriner plusieurs fois par nuit, douleurs, bébé qui bouge ou simplement un cerveau qui refuse de s'arrêter : les troubles du sommeil sont très fréquents pendant la grossesse.
La bonne nouvelle, c'est qu'ils ne sont pas toujours présents ( on peut être enceinte et dormir très bien ! ) et que quand ils le sont, ils sont le plus souvent normaux, même s'ils peuvent être particulièrement éprouvants.
Pourquoi dort-on moins bien pendant la grossesse ?
Le sommeil évolue tout au long de la grossesse. Au premier trimestre, les changements hormonaux provoquent souvent une grande fatigue. Beaucoup de femmes ressentent un besoin inhabituel de dormir, parfois accompagné de siestes en journée. Mais parfois, les changements hormonaux, les inconforts physiques comme les nausées ou encore l'anxiété entraîne des difficultés de sommeil.
Puis, à mesure que la grossesse avance, d'autres difficultés peuvent apparaître : le ventre qui prend de la place, les douleurs lombaires ou ligamentaires, les remontées acides, les crampes, les mouvements du bébé ou encore les réveils nocturnes pour aller aux toilettes.
À cela peut aussi s'ajouter la charge mentale. L'arrivée du bébé, l'accouchement, l'organisation des prochains mois… Toutes ces pensées peuvent rendre l'endormissement plus difficile.
Le repos reste un besoin, pas un luxe
Fabriquer un bébé demande énormément d'énergie. Si les nuits sont moins réparatrices, il peut être utile d'accepter de ralentir lorsque c'est possible. Une sieste, un moment allongée dans la journée ou simplement une soirée plus calme peuvent parfois aider à récupérer un peu. Prenez le repos là où vous le pouvez et si vous avez la possibilité de vous reposer dans la journée, de faire des siestes, n'hésitez pas surtout.
Il ne s'agit pas d'être productive malgré la fatigue, mais de reconnaître que le corps est déjà en train d'accomplir un travail considérable.
Quelle position pour dormir ?
À partir du deuxième trimestre, il est généralement recommandé de privilégier le sommeil sur le côté, et plus particulièrement sur le côté gauche lorsqu'il est confortable.
Mais inutile de culpabiliser si vous vous réveillez sur le dos : cela arrive très souvent. Le plus souvent, le corps ou l'inconfort vous fera naturellement changer de position. Il suffit simplement de vous remettre sur le côté lorsque vous vous en rendez compte.
Un coussin de grossesse peut également beaucoup aider à mieux soutenir le ventre, le bassin ou les jambes et rendre certaines positions plus confortables.
Quelques conseils pour favoriser le sommeil
Même si aucune astuce ne fait disparaître tous les réveils nocturnes, certaines habitudes peuvent parfois améliorer un peu les choses :
- garder des horaires de coucher relativement réguliers ;
- limiter les écrans juste avant de dormir ( ils peuvent retarder votre endormissement mais aussi rendre le sommeil plus fragiles et participer à des réveils et insomnies )
- éviter les repas très copieux juste avant le coucher en cas de remontées acides ;
- utiliser un coussin de grossesse si besoin pour les douleurs ou améliorer ls positions ;
- ne pas hésiter à faire une sieste lorsque la fatigue devient importante.
Et surtout, ne culpabilisez pas si certaines nuits sont mauvaises. Le sommeil pendant la grossesse est souvent irrégulier et ça n'est pas de votre faute.
Quand en parler à un professionnel ?
Des difficultés de sommeil occasionnelles sont très fréquentes pendant la grossesse. En revanche, si les insomnies deviennent très importantes, si vous ronflez fortement avec des pauses respiratoires, si vous ressentez des jambes très inconfortables qui vous empêchent de dormir ou si la fatigue devient vraiment difficile à supporter, il est important d'en parler à votre sage-femme ou à votre médecin. Des solutions existent parfois, et certains troubles méritent d'être pris en charge.