Aider le sommeil

Comment aider son bébé à dormir sereinement ? Les clés pour favoriser son sommeil

Pas de recette magique, mais des clefs pour créer des conditions favorables au sommeil de son bébé.

Comment aider son bébé à dormir sereinement ? Les clés pour favoriser son sommeil

Quand on manque de sommeil depuis des semaines, on aimerait évidemment qu'il existe une recette magique, quelque chose qui permettrait de changer la situation immédiatement et de faire en sorte que notre bébé dorme toute la nuit. Une bonne heure de coucher. Une routine parfaite. La bonne durée d'éveil. Une manière précise de poser son bébé dans son lit qui permettrait, enfin, qu'il dorme plusieurs heures d'affilée.

Et face à la quantité de conseils disponibles sur le sommeil des bébés, il est assez facile de finir par penser que si son bébé ne dort pas, c'est probablement qu'on fait quelque chose de travers. Il est donc important pour nous de commencer cet article par là : non, ça n'est pas forcément là que ça se situe.

Le sommeil dépend en grande partie de la maturation neurologique du bébé, de son âge, de son rythme et de ses besoins individuels. On ne peut pas obliger un bébé à dormir, pas plus qu'on ne peut lui apprendre à ne jamais pas se réveiller entre deux cycles.

En revanche, on peut créer des conditions favorables à son sommeil, l'aider progressivement à trouver son rythme et lui donner des repères sécurisants. Et heureusement, cela ne nécessite pas une routine de douze étapes chronométrées à la minute près.

1. Observer son bébé plutôt que seulement regarder l'heure.

Les besoins de sommeil évoluent énormément pendant les premiers mois et sont relativement commun selon les âges. Cependant, ils varient tout de même d'un bébé à l'autre. Ainsi, les tableaux indiquant les durées moyennes de sommeil ou les temps d'éveil sont intéressants pour avoir des repères, un ordre d'idée. Mais ils ne devraient pas remplacer l'observation de votre enfant.

Progressivement, vous reconnaîtrez probablement certains de ses signes de fatigue. Il peut bâiller, ce qui est très reconnaissable mais déjà un signe assez tardif. Il peut également se frotter les yeux, détourner davantage le regard ou avoir un regard fixe, un peu dans le vague. Il peut également devenir moins actif ou au contraire plus agité, perdre de l'intérêt pour ce qui l'entoure, devenir irritable ou rechercher davantage les bras.

L'idée est d'essayer de proposer le sommeil lorsque ces signes apparaissent, avant que la fatigue ne devienne trop importante. En effet, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, garder volontairement un bébé éveillé plus longtemps ne l'aidera généralement pas à mieux dormir ensuite. Un bébé très fatigué peut au contraire avoir davantage de difficultés à s'apaiser et à trouver le sommeil. Mieux vaut donc privilégier le fait d'essayer de l'endormir dès les premiers signes de fatigue. 

2. L'aider progressivement à comprendre que le jour est le jour ; et la nuit, la nuit. 

À la naissance, cette distinction qui nous paraît évidente ne l'est absolument pas pour votre bébé. Son rythme circadien n'est pas encore présent et en effet il n'en avait pas besoin dans sa vie in utero. 

On peut accompagner progressivement sa mise en place grâce à quelques repères très simples. Ainsi, pendant la journée, il est plutôt conseillé les premières semaines, voire les 3 premiers mois, de ne pas faire les siestes dans le noir. Ouvrez les volets, laissez entrer la lumière naturelle, sortez avec lui lorsque vous le pouvez et continuez à vivre normalement autour de lui pendant ses périodes d'éveil.

Le soir, l'environnement au contraire peut progressivement devenir plus calme et plus sombre : moins de stimulations, une lumière plus douce, des activités tranquilles, des voix plus basses. Et pendant les réveils nocturnes, inutile de transformer 3 heures du matin en début de journée : maintenez le plus possible une lumière tamisée, une voix basse, peu de stimulations. 

Ce sont tous ces petits signaux répétés qui vont participer à la construction de son rythme et favoriser la distinction du jour et de la nuit, progressivement. 

3. La lumière naturelle est une alliée

On pense beaucoup au noir lorsqu'on parle de sommeil. Mais pour construire un bon rythme veille-sommeil, la lumière pendant la journée est tout aussi importante. La lumière naturelle participe au réglage de notre horloge biologique.

Sortir avec son bébé dans la journée, notamment le matin, et lui permettre d'être exposé à l'alternance naturelle entre lumière et obscurité contribue donc progressivement à l'installation de son rythme circadien. De plus, aller dehors aide le corps à se détendre et favorise un bien être qui aidera également au sommeil par la suite. 

( Notons que cela ne signifie évidemment pas exposer directement un nourrisson au soleil : on parle simplement de lumière naturelle et de vie à l'extérieur ici.)

4. Installer progressivement quelques repères dans la journée

Il ne s'agit pas ici de mettre en place un planning rigoureux et qui devrait être respecté à la lettre, à la minute près. Cependant, la répétition aide progressivement le bébé à anticiper ce qui va arriver et ainsi son corps et son cerveau peuvent s'y préparer plus sereinement.

Les repas, les sorties, les temps de jeu, les siestes et le coucher vont peu à peu rythmer ses journées. À mesure qu'il grandit, ces repères deviennent plus stables et ce cadre, cette régularité, vont l'aider énormément à vivre de manière apaisée et à dormir aussi plus « facilement ». 

5. Créer un petit rituel avant le coucher

Le rituel du coucher n'a pas forcément besoin d'être particulièrement élaboré ni de durer des heures. Mais l'intérêt d'un rituel est vraiment dans la répétition qui, là encore, va participer à la fois à rassurer votre bébé et à lui indiquer aussi qu'il va bientôt être l'heure de dormir. 

Baisser les lumières, changer la couche, mettre la gigoteuse, lire une petite histoire, chanter toujours la même chanson, faire un câlin etc. À force d'être répétés dans le même ordre, ces gestes deviennent des indices et ils indiquent progressivement à votre bébé que la nuit arrive. 

De plus, ce rituel peut devenir un vraiment moment de connexion entre vous, ce qui est à la fois précieux pour vous deux et met également tout le monde dans de bonnes conditions pour être apaisés pour dormir. 

6. Ralentir progressivement avant le sommeil

Imaginez que quelqu'un vous demande de vous endormir immédiatement après avoir couru, joué, ri et été exposé à une lumière très vive, ce n'est probablement pas le contexte idéal. Pour votre bébé non plus. Avant le coucher, on peut donc progressivement diminuer les stimulations : privilégier les jeux calmes, réduire le bruit, tamiser les lumières et ralentir le rythme.

L'objectif n'est pas de faire régner un silence absolu dans toute la maison dès 19 heures, simplement de créer une transition entre l'éveil et le sommeil.

7. Tous les bruits ne nécessitent pas forcément d'intervenir immédiatement

Nous l'avons expliqué dans notre article consacré aux cycles : le sommeil des bébés est parfois particulièrement bruyant et agité, notamment chez le nouveau-né. Ainsi, un bébé peut grogner, bouger, faire des mimiques, entrouvrir les yeux ou émettre de petits sons tout en étant encore endormi.

Il existe également de petits éveils physiologiques entre deux cycles. Alors lorsque votre bébé bouge simplement dans son lit sans pleurer ni appeler, essayer de prendre quelques secondes pour observer ce qui se passe. Il repartira peut-être dans son sommeil. Et s'il se réveille réellement ou vous appelle, évidemment, allez y. Il ne s'agit pas de « le laisser se débrouiller », mais simplement de ne pas confondre systématiquement sommeil agité et réveil.

8. Faut-il apprendre à son bébé à s'endormir seul ?

C'est probablement l'un des sujets qui génère le plus de conseils — et parfois le plus de culpabilité — autour du sommeil.

Vous entendrez peut-être qu'un bébé devrait absolument être posé « éveillé mais somnolent », qu'il ne faudrait pas l'endormir dans les bras, au sein ou en le berçant sous peine de créer de « mauvaises habitudes ». La réalité mérite davantage de nuances.

L'endormissement autonome est une capacité qui peut se développer progressivement, avec la maturation de l'enfant. On peut donc, lorsque son bébé semble disponible pour cela, lui proposer parfois de terminer son endormissement dans son lit.

Mais il n'est pas nécessaire de transformer chaque coucher en exercice. Et surtout, tout dépend de l'âge également et de la nature du bébé. Un tout petit bébé qui a besoin des bras, du contact, de téter ou d'être bercé pour s'apaiser n'est pas en train de vous manipuler ni de prendre volontairement une mauvaise habitude. Il a juste besoin de vous. Les besoins de proximité sont particulièrement importants pendant les premiers mois. Et certains bébés ont plus besoin que d'autres. Certains nouveau-nés dorment très vite tout seul sans problème dans un berceau et y sont apaisés, d'autres non. Il est important de faire en fonction de la situation de chacun, d'écouter son bébé et de s'écouter aussi. 

Avec le temps, les parents qui le souhaitent peuvent faire évoluer progressivement certaines habitudes d'endormissement, en accompagnant en douceur leur bébé vers un endormissement autonome si chacun est prêt pour cela. Mais il n'y a pas besoin que tout change en une nuit.

En effet cependant, lors des micros-réveils, il est fort probable que votre bébé cherche les mêmes conditions que celles qu'il avait lorsqu'il s'est endormi. Et s'il s'est endormi contre vous, on peut imaginer qu'il peut être inquiétant de se réveiller tout à coup tout seul dans une chambre et donc de chercher de nouveau les bras. C'est en cela que « l'endormissement autonome » est conseillé pour favoriser le fait de ne pas se réveiller vraiment la nuit. Et endormissement autonome ne veut pas dire mettre un bébé dans son lit et le laisser pleurer là tout seul. Cet endormissement peut se faire en douceur, avec un rituel, beaucoup d'amour et une fois que le bébé est presque endormi le laisser finir de s'endormir seul. 

9. Et les fameuses « fenêtres d'éveil » ?

Vous les avez probablement déjà vues sur les réseaux sociaux. À trois mois : tant de minutes. À six mois : tant d'heures. Et attention à ne surtout pas dépasser la fenêtre. Et ces indications, là encore, ont un intérêt : elles donnent une idée approximative du temps pendant lequel un bébé de tel âge peut généralement rester éveillé. Mais restez tout de même vigilants, elles ne constituent pas une horloge biologique exacte. Tous les bébés n'ont pas les mêmes besoins et ces besoins d'ailleurs peuvent varier d'une journée à l'autre. 

Vous pouvez donc utiliser ces durées comme des repères si elles vous aident, sans avoir besoin de surveiller votre montre avec anxiété. Si le tableau dit que votre bébé devrait être fatigué mais qu'il joue tranquillement, sourit et semble parfaitement disponible, il n'est peut-être simplement pas encore prêt à dormir. Et s'il montre clairement des signes de fatigue plus tôt, inutile d'attendre l'heure théorique.

Le tableau donne une moyenne. Vous, vous avez votre bébé devant vous. 

10. Non, il n'est pas forcément nécessaire de supprimer les siestes pour améliorer les nuits

Quand un bébé se réveille beaucoup la nuit, l'idée peut sembler logique : s'il dort moins pendant la journée, il sera plus fatigué ce soir et dormira mieux. Mais chez les bébés, le sommeil ne fonctionne pas comme ça. .

Un bébé qui manque de sommeil peut être très fatigué, irritable et avoir davantage de difficultés à s'endormir. Son niveau de cortisol ( hormone du stress ) augmente et il peut à la fois avoir ud mal à s'endormir mais aussi se réveiller agité dans la nuit. 

Les siestes sont donc importantes et font partie de ses besoins de sommeil. Avec l'âge, leur nombre et leur durée vont naturellement évoluer et bien sûr qu'un nouveau-né ou un enfant de 2ans ne doit pas faire le même nombre de sieste. Et l'objectif n'est pas de faire dormir votre bébé le plus possible dans la journée, évidemment, mais le priver volontairement de sommeil pour espérer améliorer ses nuits n'est généralement pas une bonne stratégie.

De même d'ailleurs que le coucher plus tard en espérant qu'il se lève plus tard aussi. Là encore, le sommeil des bébés ne fonctionne pas comme ça. Coucher votre bébé plus tard risque la aussi de l'amener à un état de fatigue extrême et donc d'irritation, d'agitation qui ne vont pas l'aider à bien dormir. Il risque également de décaler ses cycles et probablement de se réveiller même encore plus tôt. 

11. Accepter aussi que certaines périodes soient simplement plus difficiles

Parfois, vous aurez mis en place un rythme qui fonctionne parfaitement et puis soudain plus rien ne fonctionnera. Votre bébé se réveillera davantage. Refusera une sieste. Mettra une heure à s'endormir alors qu'il s'endormait facilement la semaine précédente.

Avant de remettre toute votre organisation en question et de tout changer tout de suite, rappelez-vous que son sommeil évolue en permanence mais aussi que d'autres facteurs entrent en compte : maladie, poussées dentaires, nouvelles acquisitions, développement moteur, changements dans son quotidien… beaucoup de choses peuvent temporairement le perturber. Et parfois, il n'y a même pas d'explication précise. 

Une période de sommeil difficile ne signifie pas forcément qu'il faut tout changer, elle peut simplement être une période qui appelle à patienter quelques jours. 


Quand parler de son sommeil à un professionnel ?

Tous les réveils nocturnes ne nécessitent évidemment pas une consultation. Mais il est important d'en parler à votre médecin ou votre pédiatre si votre bébé semble souffrir, si son sommeil change brutalement sans explication, s'il présente des difficultés respiratoires pendant son sommeil, des ronflements importants ou inhabituels, ou si quelque chose dans son comportement vous inquiète.

Et vous pouvez aussi demander de l'aide simplement parce que vous en avez besoin, parce que vous êtes exténué. Parce qu'on parle du sommeil du bébé, mais celui des parents est aussi essentiel et parfois on en manque cruellement. Des réveils toutes les heures pendant des semaines ou des mois peuvent provoquer un épuisement considérable. Chercher du relais, demander de l'aide à son entourage ou en parler à un professionnel est parfaitement légitime. N'oubliez pas de penser aussi à vous. 

En bref

Il n'existe pas de méthode permettant de garantir qu'un bébé dormira toute la nuit.

En revanche, certaines habitudes peuvent favoriser progressivement son sommeil :

  • observer ses signes de fatigue et son rythme plutôt que suivre uniquement l'horloge ;
  • favoriser la lumière naturelle et les activités pendant la journée ;
  • créer une ambiance progressivement plus calme le soir ;
  • installer des repères réguliers sans rechercher un planning parfaitement rigide ;
  • mettre en place un petit rituel du coucher ;
  • préserver les siestes dont il a besoin ;
  • apprendre à distinguer les petits bruits du sommeil d'un véritable réveil ;
  • accompagner progressivement l'endormissement en fonction de son âge et de ses besoins ;
  • toujours respecter les recommandations de couchage sécurisé.

Mais peut-être que le plus important est de retenir ceci :

Vous pouvez seulement accompagner le sommeil de votre bébé, vous ne pouvez pas le contrôler. Et si votre bébé continue à se réveiller malgré tout ce que vous faites « bien », cela ne signifie pas que vous avez raté quelque chose. Son sommeil est une compétence biologique qui mûrit progressivement. Continuez à créer les conditions favorables, à répondre à ses besoins et à l'accompagner et le reste se construira petit à petit.




Source: Mpedia – Association Française de Pédiatrie Ambulatoire


Ça t'a fait quoi ?
Continuer en douceur

À lire ensuite